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Claude Jeannerot et l’apéro ANI-zé du 16/05 brasserie Granvelle

17/05/2013
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                 Brasserie Granvelle            Le goût amer de cet ANI!

CR (partiel mais non partial) de la réunion publique sur l’ANI présenté par Claude Jeannerot.

Un « accueil militant » assuré par Jo. G. ! brandissant à l’entrée une belle grosse affiche  : « TESCG ; ANI ; je n’ai pas voté Hollande et Alauzet (au deuxième tour !) pour ça. Le changement c’est pour quand ? Vite à Gauche ! »

Une soixantaine de personnes dans la salle (dont 9 camarades du PG)

Présentation générale, il faut le dire, assez creuse et très rhétorique de C.Jeannerot, sur l’ANI.

Débat / interventions :

En dépit des virulentes attaques contre nous dès notre première intervention ,nous nous sommes efforcés de rester calmes , respectueux de la forme du débat, mais fermes et précis dans l’argumentation.

Benoît MS :
« Vous dites que l’ANI prévoit de s’attaquer à la sécurisation de l’emploi. Nous constatons que rien n’est fait concernant les deux dimensions essentielles de l’insécurité dans l’emploi : l’insécurité spatiale d’un côté et l’insécurité temporelle de l’autre. Prenons l’exemple de l’insécurité temporelle. Vous affirmez que l’ANI permet de lutter contre le recours systématique aux contrats de courte durée. Or, en excluant l’intérim, les contrats saisonniers et les contrats de plus de 3 mois, la loi ne projette de surtaxer que 20 à 30% des CDD. Notons que le niveau de surtaxation prévu est de 0,5%. Qui plus est, l’exonération parallèle des cotisations sur l’embauche des jeunes de moins de 26 ans va permettre au patronat de réaliser un gain net de 45 millions d’€. Pouvez-vous nous dire le contraire ? »

Claude Jeannerot :

«  »- Absolument je conteste. Le niveau de surtaxation n’est pas celui que vous évoquez. Le niveau de surtaxation, en fonction de la durée du CDD, est de 4,5 à 7,5%.
– Vous avez raison de dire que l’intérim, les CDD de plus de 3 mois et les contrats saisonniers ne sont pas concernés. Ceci fera l’objet d’une prochaine loi.
. »

Rien n’est dit relativement aux seuls 20 à 30 % de contrats courts concernés et donc à la tendance systématique des employeurs à recourir à des contrats courts qui échappent au dispositif prévu par la loi. Rien n’est dit relativement au cadeau de 45 millions aux patrons. Il est à noter que Claude Jeannerot s’en sort assez bien du fait de sa rhétorique « solférinienne » et de la technique bien connue de la monopolisation de la parole qui élude méthodiquement les sujets qui fâchent…

Samuel C. :

Monsieur Jeannerot a fait valoir dans son intervention que, en cas de difficulté conjoncturelle pour une entreprise, l’ANI mettait fin au dilemme entre maintenir les choses en l’état (et donc subir une dégradation inéluctable de la situation) ou fermer l’entreprise (et donc jeter les travailleurs dans le licenciement). Pourquoi ? Parce qu’il prévoit la possibilité de signer un accord pour « maintenir » les emplois. En échange de ce maintien, les salariés s’engagent soit à réduire leurs salaires, soit à travailler plus gratuitement, soit les deux, pendant une durée maximale de deux ans. Le salarié qui refuserait cet accord pourrait, selon les mots du sénateur, « bénéficier » (sic) d’un licenciement économique et ainsi quitter l’entreprise sous la protection du droit du travail (ce qui était présenté comme une avancée sociale).

Samuel fait remarquer que :
1) dans un contexte de mondialisation, de libre circulation des capitaux, de libre délocalisation des entreprises, ce genre d’accord ne protégeait pas le salarié contre le licenciement, mais le retardait seulement en permettant à l’entreprise qui prépare sa restructuration de pressurer les salariés pendant deux ans avant de fermer la boîte, comme chez Continental. Après deux ans de restrictions, les salariés n’ont aucune garantie que leur emploi sera maintenu ni qu’ils retrouveront des horaires de travail et un salaire décent. Comme la compétition ne cesse jamais, la pression concurrentielle est permanente, et par conséquent les occasions de signer ce genre d’accroissement de l’exploitation aussi ; et que
2) la loi faisait porter l’essentiel de l’effort sur les salariés puisque, pendant que les salaires des ouvriers sont baissés, elle autorise pendant ces deux années une hausse des dividendes pour les actionnaires; que 3) l’accord permet de licencier des salariés qui refuseraient le changement de leur contrat de travail impliqué par l’accord, ce qui contrevient au « principe de faveur » par lequel un accord ne peut avoir force de droit que s’il est à l’avantage des salariés par rapport à ce que prévoit dans la hiérarchie des normes le code du travail, la loi. Ici au contraire, un accord pourra avoir force de droit même s’il est plus défavorable que ce que prévoit la loi, ce qui revient à inverser la hiérarchie des normes, et par conséquent à faire écrire la loi par le rapport de forces tel qu’il structure la société, au mépris de l’intérêt général.

 

Claude Jeannerot :
Au lieu de réfuter les différents points soulevés, Claude  Jeannerot nous interpelle alors directement : « Et qu’est-ce que vous proposeriez, vous ? Expliquez-nous ce que vous feriez si ces dispositions ne vous conviennent pas ? Vous proposez quoi ? »

Samuel C. :
« Bon, comme on nous a demandé d’être concis, je me limiterai à deux exemples de ce qui aurait dû apparaître dans la loi lorsqu’on propose une politique de gauche :
1/ D’abord, inscrire dans le texte l’interdiction des licenciements boursiers. Nous aimerions savoir pourquoi ce point n’est pas dans le texte ?
2/ Ensuite, réformer l’organisation administrative de l’entreprise afin qu’elle prenne en compte les quatre intérêts fondamentaux structurant le collectif de travail qu’est l’entreprise : l’intérêt de la collectivité (l’Etat), l’intérêt ce celui qui approvisionne en capitaux (l’actionnaire), l’intérêt de celui qui décide des orientations stratégiques de l’entreprise (la direction), l’intérêt de celui qui produit (le salarié). Bref, la démocratie dans l’entreprise. Comment justifiez-vous son absence dans le texte ? »

Claude Jeannerot :
A cela Claude Jeannerot n’a apporté aucun contre-argument, il s’est contenté de répondre en disant qu’il n’espérait pas nous convaincre, mais que sur le fond c’était deux cultures politiques, deux conceptions de la démocratie, deux approches politiques des problèmes qui s’affrontaient. En effet… Il ponctuait ses phrases de formules comme « une autre contre-vérité dans votre discours » ou « vous avez fait des erreurs », « Même vous ne pourrez pas contester que… » mais sans jamais dire de quelle contre-vérité il s’agissait, quel était le contenu précis de ces erreurs, ni nous permettre de contester le prétendu incontestable. Il termina sa réponse en déclarant de façon un peu pontifiante que, finalement, nous ne pourrions pas nous mettre d’accord parce que lui était un « social-démocrate » assumé, et que nous non, ce que nous avons concédé bien volontiers.

En espérant que cette nouvelle dérobade rhétorique soit apparue comme telle par une partie au moins du public…

    Raph

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