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Un point sur l’avenir du Front de Gauche après la réunion nationale du 06/09

09/09/2014
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Quelques documents après la réunion nationale du Front de Gauche qui s’est tenue le samedi 6 septembre à Montreuil : tout d’abord la déclaration  du FdG publié à l’issue de la réunion puis passage de Jean Luc Mélenchon sur C politique, ensuite un compte rendu de cette réunion du FdG dans l’Humanité, puis un article de Raphaëlle Besse Desmoulières, journaliste au Monde, sur son blog et enfin deux contributions  locales (Besançon et Morlaix).

Déclaration du Front de Gauche, Montreuil, le 6 septembre 2014.
La politique suivie par le Président et le Premier ministre entraîne notre pays dans une grave crise économique, sociale, démocratique et politique. Crise économique que traduisent tous les indicateurs ; crise sociale avec un chômage qui s’enracine, la précarité et la pauvreté qui s’accroissent et les protections sociales qui sont constamment rognées ; crise démocratique avec un parlement, des élu-e-s territoriaux, des syndicalistes jamais écoutés et souvent pas consultés ; crise politique du fait de la fuite en avant néolibérale de ce pouvoir contestée au sein même de sa majorité politique. Ces crises alimentent un repli identitaire et nationaliste qui favorisent la désignation de boucs émissaires et font progresser la xénophobie et tous les racismes.
L’ensemble de celles et ceux qui avaient permis la défaite de Nicolas Sarkozy se retrouvent désemparé par cette politique loin, très loin, des valeurs traditionnelles de la gauche. Ce gouvernement se retrouve ainsi de plus en plus illégitime.
Les orientations internationales de François Hollande concourent à cette perte de repère. Il rompt avec la politique traditionnelle de la France à l’égard de la Palestine, s’engage dans des guerres sans qu’apparaisse une stratégie d’ensemble conduisant à des paix durables, se retrouve impuissant avec l’Union européenne à solutionner des conflits internes à l’Europe. Pire, son attitude à l’égard des manifestations de soutien au peuple palestinien cet été, permet de croire qu’il souscrit désormais au « choc des civilisations » cher à Mr Bush en transformant un conflit entre États en guerre de religion et en mettant à l’index les jeunes des quartiers populaires suspectés d’être antisémites.
La constitution du gouvernement Valls 2 n’a fait qu’aggraver les choses en soulignant la pratique autoritaire de ce gouvernement et la multiplication d’interventions inspirées par les exigences du MEDEF. Il expulse des ministres qui expriment leur doute sur la politique suivie, il se fait acclamer par les grands patrons, remet en cause les avancées de la loi sur le logement, poursuit la multiplication des menaces sur le code du travail et sur les 35 heures, reprend des thèmes de la droite visant à culpabiliser les citoyens comme le contrôle des chômeurs etc… etc… Cette ligne suicidaire pour le pays et pour la gauche est clairement assumée par François Hollande et Manuel Valls, mais aussi par le premier secrétaire du parti socialiste.
Ce n’est pas de coupes drastiques dans les dépenses publiques dont la France a besoin mais au contraire de plus de services publics, de protection sociale et d’investissements publics. Cette politique ne peut que mener notre pays à la catastrophe. Elle ne fait qu’un gagnant : les actionnaires dont les dividendes ont augmenté de 30 % au second trimestre 2014 comparés au même trimestre de l’année précédente. Des alternatives existent à condition de répartir autrement les richesses, de partir des besoins sociaux et de la nécessité de répondre à la crise écologique.
Pour imposer sa politique, le président de la République s’appuie sur les institutions de la Ve République. Or celles-ci sont de plus en plus contestées au fur et à mesure que se révèle leur caractère antidémocratique. Une refondation démocratique avec comme perspective la VIe République s’avère comme un moyen essentiel de sortie de la crise. Il est temps de redonner la parole au peuple par un véritable partage des pouvoirs et des responsabilités du local au national. Ce sursaut démocratique doit s’enraciner dans une mobilisation sociale et politique sans précédent.
Le débat sur la politique économique et sociale du gouvernement provoque des fractures au sein même de la majorité gouvernementale. Cette situation ne peut se trancher par un coup de force gouvernemental condamnant la représentation nationale au silence à coup de 49-3 ou d’ordonnances. Tous les parlementaires de gauche qui doutent de cette orientation doivent voter contre la confiance au gouvernement de Manuel Valls.
Dans cette situation, les mobilisations sociales, les réactions citoyennes sont indispensables pour casser l’offensive du gouvernement et du Medef. Le Front de gauche est favorable à la constitution d’un très large front de résistance pour mettre en échec la politique du gouvernement. C’est dans cet état d’esprit qu’il participe au Collectif, créé lors de la manifestation unitaire du 12 avril 2014, qui regroupe nombre d’organisations syndicales, d’associations et de partis politiques et qui constitue un premier pas vers une dynamique plus large.
Au plan politique le Front de gauche souhaite prendre les initiatives nécessaires à la convergence de celles et ceux qui veulent contribuer à un rassemblement majoritaire permettant de porter une alternative aux choix du pouvoir actuel. Un grand débat national doit avoir lieu sur cette question dans lequel les citoyennes et les citoyens doivent être présents à égalité de responsabilité. Dans cet esprit, le Front de gauche vous appelle d’ores et déjà à participer aux nombreuses initiatives qui auront lieu à la fête de l’Humanité.

Voici le lien pour accéder à l’émission C politique avec Jean Luc Mélenchon : http://www.france5.fr/emissions/c-politique/diffusions/07-09-2014_257273

Face à l’offensive libérale, le Front de gauche se retrouve, décidé à passer à l’action
L’Humanité, dimanche, 7 Septembre, 2014
La sortie de crise passe par le refus de la confiance au gouvernement, estiment militants et dirigeants.
L’assemblée de rentrée du Front de gauche, samedi à Montreuil, a permis, après des mois de tensions, à ses dirigeants et militants d’échanger. Si des débats persistent, tous ont affiché leur volonté d’agir et d’étendre leur force.
Après les vives tensions qui l’ont traversé avant, pendant et après les scrutins du printemps dernier, le Front de gauche a de nouveau donné à voir une photo de famille au complet, samedi, à l’occasion de son assemblée de rentrée à Montreuil (Seine- Saint-Denis). Aux côtés de Pierre Laurent (PCF) qui avait confirmé sa présence dès la fin août, Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche), après avoir fait planer le doute, y a finalement participé.
Le constat sur la gravité de la situation – entre remaniement libéral et président en déroute – partagé (voir ci-contre), chacun a acté que la « relance » du Front de gauche est une nécessité. « Nous avons encore un avenir et les moyens de le construire ! » a lancé Éric Coquerel, secrétaire national du PG, en conclusion. « Le Front de gauche s’est remis au travail et envoie un appel de remobilisation à tous les militants », a abondé le porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles. Les débats ne sont pas tous tranchés, loin s’en faut. Les perspectives d’actions restent en discussion. De son côté, le Parti de gauche propose un « mouvement pour fédérer le peuple » autour de la « VIe République » pour lequel Jean-Luc Mélenchon s’est rendu disponible. Dans la semaine, un réseau social et un appel d’intellectuels et d’artistes devraient être lancés.
L’ex-coprésident du PG a assuré, samedi, ne pas prendre ses distances avec le Front de gauche mais au contraire « porter ses idées » avec cette initiative. « Le Front de gauche est une composante idéologique et militante essentielle » de ce mouvement, a-t-il ajouté. Pour ses partenaires, pas question de se cantonner à ce seul sujet. « J’appelle à engager des campagnes de ripostes et d’actions qui construiront les conditions du rassemblement », a déclaré Pierre Laurent, en marge de la rencontre. Travail du dimanche, seuils sociaux, utilisation du CICE, réforme territoriale… « Il s’agit de stopper Valls sur des points précis, tout en redonnant espoir », résume Olivier Dartigolles. « Je suis d’accord », répond Jean-Luc Mélenchon interrogé sur la nécessité de conduire de telles batailles pour répondre à l’urgence sociale.
Accords et désaccords : le rassemblement en question
Autre question en suspens, le rassemblement de la gauche. Si le PCF estime qu’il faut « créer dès maintenant les conditions de l’alternative en rassemblant les Français et les forces politiques qui ne se reconnaissent plus dans la politique gouvernementale », insiste Pierre Laurent, le PG juge nécessaire de se tenir à distance du PS pour ne pas y être assimilé. « Nous ne sommes pas d’accord sur l’idée de rassembler la gauche, a expliqué Éric Coquerel, car pour les gens, la gauche va jusqu’à Valls et Hollande. » L’analyse ne fait cependant pas l’unanimité. Christian Picquet, porteparole de la Gauche unitaire, qui propose la tenue d’assises de la gauche, a fait part de son désaccord sur « l’idée que le clivage gauche-droite serait obsolète », ou encore que « discuter avec les écologistes, les socialistes serait une perte de temps ».
Ensemble, selon Clémentine Autain, souhaite, pour sa part, « tendre la main à tous », tout en marquant clairement la distance avec la politique de l’exécutif. Les uns et les autres s’accordent cependant sur le fait « qu’il faut viser plus large que le Front de gauche », rapporte Éric Coquerel. « Ces débats ne doivent pas nous empêcher d’avancer, la nécessité de repasser à l’action fait consensus », note Pierre Laurent. La journée de samedi se voulait une première étape appelée à se poursuivre parmi les militants et devrait donner lieu à un prochain rendez-vous du même type, courant novembre.
Déclaration commune du Front de gauche. La coordination nationale du Front de gauche a rendu publique, samedi, à l’issue de l’assemblée de rentrée 
du mouvement, une déclaration qui appelle à la « constitution d’un très large front de résistance pour mettre en échec 
la politique du gouvernement ». « Au plan politique, 
le Front de gauche souhaite prendre les initiatives nécessaires à la convergence de celles et ceux qui veulent contribuer 
à un rassemblement majoritaire permettant de porter 
une alternative aux choix du pouvoir actuel », poursuit-elle, après avoir établi le diagnostic d’une « ligne suicidaire 
pour le pays et pour la gauche clairement assumée 
par François Hollande et Manuel Valls, mais aussi par 
le premier secrétaire du PS ».

Le Front de gauche réduit à afficher une unité de façade?
LE MONDE | 08.09.2014 à 11h15 | Par Raphaëlle Besse Desmoulières
Bien sûr, il y eut cette image que l’on n’avait pas vue depuis des mois : Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon, assis côte à côte, au premier rang de l’assemblée générale du Front de gauche, samedi 6 septembre, à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Mais cette photo de famille, destinée à montrer que le divorce n’est pas consommé, n’aura pas réussi à dissiper les doutes sur l’avenir de la coalition de la gauche radicale.
Lire aussi le post de blog : Réunion de la dernière chance pour le Front de gauche
Au sortir de cette rencontre, organisée dans la difficulté en juin après des européennes décevantes, chacun cherchait à rassurer, malgré une ambiance morose. Un « pari réussi », veut croire Pierre Laurent. « On voulait en faire un moment apaisé qui permette de reprendre le travail commun, c’est ce qui s’est passé », assure le secrétaire national du Parti communiste. « C’est positif, cela a permis de discuter entre nous », convient Martine Billard, l’ex-coprésidente du Parti de gauche. M. Mélenchon, lui, n’a pas souhaité répondre aux questions du Monde.
« LIGNE SUICIDAIRE »
Certes, une déclaration commune a été publiée pour dénoncer « la ligne suicidaire » portée par François Hollande et appeler à ne pas voter la confiance au gouvernement. Mais aucun des débats stratégiques n’a été tranché, notamment la question du rapport au PS. Les communistes veulent construire le rassemblement le plus large possible et comptent faire de la Fête de L’Humanité, les 13 et 14 septembre, le rendez-vous de la gauche critique. Les écologistes Cécile Duflot et Emmanuelle Cosse, ainsi que plusieurs députés « frondeurs », y sont attendus. « C’est le moment pour concrétiser des actions sur l’alternative gouvernementale, souligne M. Laurent. Le Front de gauche a un rôle de premier plan à jouer. »
Le Parti de gauche, pour sa part, n’entend pas emprunter ce chemin. Il souhaite se tourner vers le « peuple », notamment la masse des abstentionnistes, et non plus vers les partis. « On ne peut pas s’adresser à l’appareil PS, juge Mme Billard. La clarté n’est pas une condition, elle est nécessaire pour tous ceux qui sont complètement déboussolés. »
La troisième force du Front de gauche, Ensemble, se situe à mi-chemin. « Il faut construire un espace politique distinct du PS et en même temps ne pas mettre un cordon sanitaire autour des socialistes et des écologistes », explique l’une de ses porte-parole, Clémentine Autain. Quant à la VIe République à laquelle M. Mélenchon entend désormais se consacrer, beaucoup estiment que si cette thématique doit être défendue, elle ne doit pas être le principal axe de bataille.
Au final, personne ne s’attendait à ce que le Front de gauche éclate samedi – aucune de ses composantes n’y a intérêt. Mais, désormais, le risque est réel de voir chacun poursuivre dans sa propre voie et laisser la coalition cheminer cahin-caha. « Tout le monde se rend compte que cela n’est pas possible de laisser vivoter le Front de gauche, mais nous n’avons pas le choix : si le Front de gauche meurt, qui survit ? », met en garde Mme Autain.
Au PG, on commence cependant à s’impatienter. « Aujourd’hui, on a ouvert plus de portes qu’on en a fermées, note l’une de ses dirigeantes, Raquel Garrido. Ce n’est pas grave, mais ce serait bien que la question des alliances soit tranchée avant Noël. »

Deux contributions  pour la réunion nationale du 06/09 à Montreuil:

celle de membres du FdG de Besançon ( Ass_fdg_nat_6sep2014 )

celle de Morlaix (Morlaix Collectif FdG 2014 09 06 )

 

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